jeudi 7 octobre 2010

Gaza 3 : Frappes israéliennes du 7 octobre

Les avions israéliens ont visé plusieurs positions du Hamas dans la Bande de Gaza cette nuit.
Dans le centre-ville de Gaza, vers l'Ouest, les explosions ont causé de nombreux dégâts dans les immeubles voisins.

Celui-là abrite une trentaine de personnes. Les vitres et les portes n'ont pas résisté au souffle de l'explosion.




mercredi 6 octobre 2010

Enfants de Palestine

Dans toutes les villes palestiniennes, on croise beaucoup beaucoup d'enfants. Il faut dire que le taux de natalité est de 6 enfants par femme.

Gaza 2 : Cicatrices de guerre

La dernière guerre dans la Bande de Gaza remonte à l'hiver 2008/2009.
Israel a lancé l'offensive "Plomb durci". Une offensive qui a duré 3 semaines et qui a fait 1300 morts côté palestinien selon le Centre Palestinien des Droits de l'Homme et 13 morts côté israélien selon l'association israélienne B'Tselem.

De nombreux quartiers de Gaza ont été détruits, maisons, écoles, infrastructures du Hamas. Et à cause du blocus, il est presque impossible de reconstruire.




Un des endroits les plus touchés par l'offensive israélienne : Jabaliya au nord-est de la Bande de Gaza.

Cette famille vit désormais dans une tente, dans sa "maison".




Les hommes du quartier trient et récupèrent ce qui est réutilisable.




Dans le centre-ville de Gaza, il y avait à cet endroit 7 immeubles de 4000 bureaux.



mardi 5 octobre 2010

Une prison à ciel ouvert : Gaza

Je suis dans la Bande de Gaza depuis dimanche.

Contre toute attente, nous avons réussi à passer le checkpoint d'Erez (au nord de la Bande de Gaza) assez facilement.







Seulement une heure pour passer le poste israélien (avec une question : "do you have a weapon?"), passer des tourniquets et de lourdes portes, traverser ce couloir de 500 mètres entièrement grillagé et qui traverse la "buffle zone" (véritable no man's land seulement peuplé d'enfants palestiniens qui viennent récupérer la féraille des maisons détruites par la guerre), prendre un taxi à la fin ce "passage", passer le chekpoint du Hamas et rejoindre le centre de Gaza ville.





La team du Fatah



Pour parler de l'ambiance ici, je vais reprendre la phrase d'un ami : "c'est très calme en ce moment. Et c'est mauvais signe".
(ok, je viens d'écrire ça et il vient d'y avoir plusieurs énormes bruits d'explosions dehors...).

La Bande de Gaza c'est 1 million et demi de personnes sur 360 km2, la plus grande densité de population au monde.



Une bande de terre dont il est impossible d'entrer et de sortir. Du côté ouest, la mer Méditerranée, au sud une frontière fermée avec l'Egypte et pour finir un mur tout autour et des checkpoints israéliens impossibles à passer (hormis pour les humanitaires et les journalistes).

Et tout ce monde est soumis au blocus israélien depuis 2006/2007, date de la prise du pouvoir du Hamas dans la Bande de Gaza.
Beaucoup de produits sont interdits, d'autres arrivent par les milliers de tunnels construits dans le sud de la Bande pour rejoindre l'Egypte.

Bon à part tous ces malheurs, Gaza city c'est une ville assez agréable à vivre. La vue sur la mer est sublime et les Gazaouis sont supers accueillants.


Près de l'université de Gaza



Mosquée en construction sur le front de mer


La chasse aux espions israéliens





Le petit coucher de soleil qui va bien

vendredi 1 octobre 2010

Mes jolies colonies

Elles font l'actualité du moment, elles sont un des obstacles majeurs à la paix dans la région. J'ai nommé la colonie juive en Cisjordanie.

On estime que 300 000 Israéliens vivent en Cisjordanie dans ces colonies. Cela va du microcosme de vie en caravane à des villes plus importantes comme Ariel et Ma'ale Adumim (entre 20 et 30 000 personnes).

(Photos prises à la colonie de Geva Benyamin/Adam près de Ramallah)



Les colonies sont construites sur le même mode :
Elles ressemblent à une banlieue américaine, tout est très propre et vert.





La majorité sont installés en haut des collines, au-dessus des villages palestiniens.



Leur entrée est strictement contrôlée par des gardes privés, armés jusqu'au dent et qui check toutes les entrées et les sorties.
(pour résumer : les Palestiniens n'ont pas le droit d'y entrer).



Certaines ont même des routes d'accès spéciales interdites aux Palestiniens.

La construction de nouveaux projets en Cisjordanie a été suspendue pendant 10 mois. Le moratoire a pris fin le 26 septembre et les bulldozers sont tout de suite entrés en action pour reprendre le boulot.

Rappelons que toutes les colonies sont considérées comme illégales par le droit international.



Qui habite dans ces colonies? Pourquoi ont-ils choisi de s'installer en Cisjordanie?
Réponse dans quelques jours.
Je dois retourner voir un Français qui est venu s'installer en Israel en 1988 et qui habite depuis 5 ans dans cette colonie près de Ramallah.

mercredi 29 septembre 2010

La vie des Bisounours (ou comment je me suis retrouvée à passer une nuit dans un kibboutz)

Avant de vous dévoiler les merveilles de la vie dans un kibboutz, penchons-nous sur cette question : kezako le kibboutz?

Le kibboutz est une collectivité de personnes, installées en Israel, qui vivent sur les bases du socialisme associatif. En gros, tout ce qui est à toi est à moi et tout ce qui est à moi est aussi à toi.
Enfin, ça c'était l'idée de départ. Car depuis quelques années, la plupart des kibboutz sont devenus des entreprises capitalistes avec hôtels, guesthouses, et volontaires internationaux qui viennent faire le linge et autres tâches (cf, autre post).

Israel compte environ 250 kibboutz peuplés de 120 000 personnes.


Après cette brève présentation : comment je me suis retrouvée à passer une nuit dans un kibboutz?
Pour cela, prenez un groupe de 3 personnes, mettez-les dans une voiture, envoyez-les se promener dans la Haute-Galilée et le Golan, refoulez-les d'une auberge de jeunesse parce qu'elles ne sont pas juives, faites-les prendre 2 autostoppeurs israéliens à la nuit tombée et le tour est joué!
Et comme le hasard fait bien les choses (pas de "coïncidence", le mot en hébreu n'existe pas), nous avons aterri au kibboutz Deganya B, le "petit frère" de Deganya A, premier kibboutz créé en Israel en 1909.




Sooooo, meet Amir and Lirone.






Amir et Lirone ont 24 ans, ils étudient la psychologie. Amir est de Haïfa et Lirone a vécu toute sa vie dans un kibboutz.

Dans celui où ils habitent actuellement, il y a environ 500 personnes. Tout le monde se connait, mange ensemble, se rend des services et va au bar.



Le bar du kibboutz est ouvert 2 soirs par semaine et il est tenu par... un mec du kibboutz! Les bières sont à 8NIS (1,5 euros) et passée une certaine heure tout le monde se sert gratuitement. Ben oui, c'est ça la communauté.
Ici, tout le monde est beau et gentil. Nos hôtes étaient hyper serviables, vraiment. Et Amir n'a pas cessé de nous le répéter : "Israel is the best, the holly land, everything is made in the name of God, Israeli people are really nice" and so on.
En revanche la Palestine ils connaissent pas. Un de leurs amis nous explique que JAMAIS il n'ira là-bas. Ou alors ce sera armé et dans un char.




L'appart d'Amir et Lirone

Tous les 50 mètres, des abris anti-aériens.





Les fameuses pompes qui alimentent en eau les kibboutz, direct depuis le Jourdain.

lundi 27 septembre 2010

Voir Hébron et pâlir

Arrêtons-nous aujourd'hui sur la ville d'Hébron (Al-Khalil en arabe).

Hébron (sud de la Cisjordanie) 166 000 habitants palestiniens, 500 colons israéliens et 4000 soldats israéliens pour les protéger.
Et au milieu de tout ça : le Tombeau des Patriarches où sont enterrés Abraham, Isaac et Jacob. Un lieu TRES saint donc pour les Juifs et les Musulmans. D'où l'installation de colons à l'intérieur même de la ville.

Hébron illustre malheureusement assez bien le conflit israélo-palestinien.

Depuis 1997, la ville est divisée en 2 : H1 (80% de la ville sous contrôle palestinien) et H2 (20% sous contrôle militaire israélien).



Dans la vieille ville, cette séparation a eu des effets complètement surréalistes.
En bas : les commerces palestiniens, en hauteur : les colons juifs qui balancent des pierres et autres objets sur les Palestiniens. D'où les grillages pour se protéger.







Certaines parties de la ville sont également coupés en deux et les Palestiniens ont même l'interdiction de se balader sur la rue principale : Shuhada Street, fermée depuis 1994.




(Et comme dans beaucoup de villes palestiniennes, il y a beaucoup d'enfants trop cute!)